samedi 24 mars 2007

"Partance" Voyage photographique


Série photographique sur les fenêtres "Du Temps Qui Passe"
Pierre FRANÇOIS 2001-2002

Tout au long de ce voyage intérieur j’ai ressenti l’envie de sortir de ces CADRES.......
.........CADRES DE CIRCONSTANCE........

J’y ai arrêté le temps, accroché mes regards, enfermé mes doutes, décroché mes à priori.

Le train est reparti.

J’ai interrogé sa vitesse, joué avec ses mouvements, dessiné ses extérieurs.

Quand l’image rencontre la pensée, le hasard vient taquiner l’inconscient et le conscient prennent forme.

EN...VIE.......ENVIE.....VIE....

L’image ne suffit plus, les mots prennent forme, se mélangent, délient les interrogations........

SÉCURITÉ…..SUR LA VOIE.....VOIE.....SORTIE DONNANT......

SORTIE DONNANT…Sur la rencontre avec d’autres qui aiment voyager avec les mots et si vous aussi vous voulez participer à ce voyage…. Servez-vous, prenez une petite photo à écrire.

LE HASARD DE CES IMAGES

Noirs et blancs
Images noires et blanches
Dans cadres sombres
Aux formes variées
Demi-lune, rondes et sonores
Pour écrire les senteurs du moment
Emmené doucement,
Brusquement
Dans l’interrogation de ces flous

Arrêter le temps
Chercher le grain avec la loupe
Faire onduler ces gris dans la chimie
Le poser sur un beau barité
Mouillé et mouillé encore la feuille
fixer, laver pour une conservation optimum
regarder l’image à la lumière du jour
Accepter les contrastes

j’aurai voulu voir apparaître des couleurs

Le hasard n’a pas de pendule
Il vous emmène dans l’image
il vous enferme ou vous donne envie de sortir de ces cadres
il taquine l’inconscient
vous donne envie de faire péter les verrous
forger votre vie en portail ouvert
Pour continuer le voyage
Étendre ses découvertes
Accepter les bifurcations
Les itinéraires
Éviter les voix sans issue
Oser les chemins de terre
Inventer des océans
Ne pas s’y perdre
Prendre le temps de s’arrêter
Comme à chaque sommet
Faire le plein d’image d’envie
Rangé toutes ces lumières
d’hier et demain
Mon voyage intérieur m’appartient

Il continue avec chaque temps, du temps qui passe


BAISERS DE BRUME

Fondre en chemin de brume.
les marécages s’envolent dans nos rêves
au rythme de l’imaginaire,
réveillant nos regards,
espaçant nos envies,
au seul plaisir du moment présent
pour qu’un peu de fumée
nous égare un peu plus.

J’ai déjà vécu ces douces vapeurs.
la campagne nous accompagne,
nous interpelle,
avec elle le voyage est réel.
Nos pensées vagabondent,
le temps nous enlace.
S’y perdre pour un baiser de brume


Huis clos

Je me réveille. Tête collée à la vitre. Paysage. Lointain. Comme pas accessible. Un décor. Le wagon est vieux. Encore des compartiments. Deux hommes, une femme. Ils lisent, elle regarde dehors. Sourit. Bruit des boggies. Rythme. J’émerge.
Froissement des pages du journal. « Frankfurter Allgemeine »…J’avais oublié qu’on était derrière la Forêt Noire. Les sources du Danube. Sens de la mise en scène. Quand on pense à Tulcea sur le delta au bord de la mer Noire. Le paysage est mis en espace par la vitre du train. Cassure du rythme des boggies. Ma voisine me regarde. Depuis longtemps ? Regard sérieux. Dehors happe flou. On peut encore ouvrir la fenêtre dans ce wagon. Barre horizontale en travers du défilé de la campagne. Soudain l’odeur. Odeur oubliée de moleskine de tabac froid de déodorant évaporé. Vieux train . E pericoloso sporgersi. Elle regarde aussi le paysage. Ombre de la barre de la fenêtre sur son visage. Un des deux hommes dort. Le « Frankfurter » a l’air passionnant. Le ciel est blanc. Les arbres sont dessinés. Ma voisine a le visage velouté. Sifflement strident. Coup sourd. Appel d’air. Mouvement du train. Croisement. Bribes de visions. Regard perturbé par le mouvement excessif. Retour au paysage. Toujours cette impression de pas vrai. Perception précise quasi microscopique des défauts de la vitre. Traces de saletés. De pluies récentes.
Sensation de l’endormissement qui gagne. Ne pas résister. Douceur de la torpeur qui inonde. Sourire de la voisine ? Ca ne fait rien. Subtile impression de l’entre deux. Du plus ici. Du pas ailleurs. Les sons s’estompent dans la sieste mais demeurent très significatifs. Le voyage impose l’immobilité, la vacance. Le rêve. La voisine. Images. Superpositions. La voisine. Mélanges. Lancinances des répétions des boggies. Et un grincement aigu. Claquement sec. Contrôle des billets. Bond sur la moleskine. Sensation bizarre de ne pas savoir où je suis. Ma voisine étouffe un rire. Dois avoir l’air ahuri. Impression qu’elle a vu dans mon rêve. Gêne. Faut que je me lève. « Pardon » « Pardon ». Je sors.
Bout du wagon. Près du bruit des roues. Porte donnant sur la voie. Cigarette. L’odeur du tabac réveille et stimule. Inspirations à goûter. « Auriez-vous du feu s’il vous plait ? » Elle parle français. Fume des cigarettes roulées. Bonne odeur de Drum. Silence. Paysages de l’autre côté. « Vous allez jusqu’à Berlin ? » « Oui » « Moi également » « on a encore un bout de chemin » « J’aime bien le train » « Les paysages sont d’une banalité » « C’est vrai » Fin de la cigarette. Pas envie de revenir au compartiment. « Je suis photographe » « Ah, vraiment ? » « Oui ça vous étonne ? » « Non, mais je ne pensais pas à vous comme faisant un métier plutôt qu’un autre. Le train c’est un passage d’un monde à un autre. Dedans on est hors de quelque-chose. » « C’est juste ce que vous dites » « Photographe… » « Oui… je me demande…mais je sais pas si… » « Allez-y » « Vous poseriez pour moi ? » « Poser ? moi ? » « Oui, je vous observais dans le compartiment tout à l’heure, vous avez des expressions intéressantes. Vous avez un visage subtil. » « c’est flatteur, mais vraiment poser ? …j’ai jamais fait » « Justement, je cherche quelque-chose de neuf dans l’attitude, le mouvement. » « Mais poser, poser comment ? » « Je fais tout un travail sur les hommes nus » « Nu ? ça alors, mais c’est pas simple » « Non je sais, mais je sens quelque-chose chez vous qui pourrait me plaire ». Sa main sur la mienne. Ses doigts recourbés remontent sur mon poignet. Frissons jusqu’aux cheveux. « Vous êtes quelqu’un de sensible ». Sourire. S’approche. Appuie ses seins. Bouche. Lèvres. Langue. Chaleur. « Alors d’accord ? »
Pas grand chose à faire. Expérience nouvelle. Photographe aimable. Fin de rêverie. Arrêt du train. Sortie du huis clos.

Avril 2002 Didier Guth


Toutes ces images ont été faite dans les fenêtres de différents trains. Tirées sur papier barité, scanées et envoyées à différentes personnes de mon choix avec une invitation à l'écriture. Telle était mon projet.

Ces images ont été exposé à deux reprises:
à la BOITE à BOITIERS 58 Rue de ZURICH 67000 à STRASBOURG du 10 au 29 JUIN 2002
et dans les locaux de l'association Zone d'art 2 rue Rhin Napoléon 67000 Strasbourg, invitation Didier Guth.

Ces expositions ont également permis de faire participer d'autres personnes en leur permettant de repartir avec une image à écrire sur ce thème.

Le voyage est sans fin et si vous avez envie de raccrocher au wagon, n'hésitez pas.J'ai décidé de mettre en ligne ce projet passé car souvent quand je prends le train je pense à ces images et j'en imagine d'autre dans les fenêtres de mon imagination.

Vous pouvez voir l'intégralité du projet: images et écriture sur:

http://partance.blogspot.com/

mercredi 21 mars 2007

Le premier jour du printemps 2007


Une image faite en Toscane (Italie) pour ce premier jour du printemps en cette année quelque peu bouleversée au niveau météo.

mardi 20 mars 2007

Dans la glace d'une de mes images

Vancouvers 98, sur la route du lac Garibaldi....

jeudi 15 mars 2007

Pour une ancienne amie qui rentre d'Afrique

VISITE EN PAYS DOGON (MALI)

« En AFRIQUE, quand un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brûle… » disait AMADOU HAMPATE BA dans « CONTES INITIATIQUES PEULS »
MARCEL GRIAULE dans « DIEU D’EAU » dans ces entretiens quotidiens avec le vieux chasseur aveugle, OGOTEMMELLI, nous révèle une interprétation jusque-là insoupçonnée de la culture DOGON : Une extraordinaire cosmogonie vivante, une vision symbolique de l’univers, une conception organisée de la personne et du verbe.

Quelques jours dans la région de BANDIAGARA en pays DOGON m’ont permis de découvrir la vie de ces villages et d’y faire de précieuses rencontres.
C’est à BENIMATOU en haut de la falaise que j’ai rencontré LEON le chasseur et sa famille, la petite CATHERINE, GERMAINE, JACOB, ANDRE, ASTER, PASCAL, FATIMA…(Tous des prénoms à consonance européenne pour ces habitants de ce petit village catholique)
Un an plus tard, je n’ai pu m’empêcher d’y retourner pour leurs montrer ces photographies, et leur expliquer qu’une exposition leur rend hommage. Ces images leurs appartiennent et peut-être vous donneront-elle l’envie de voyager et de rencontrer ces cultures.

J'ai exposé l'ensemble de ces images à plusieurs reprises
A la boite à boîtiers à Strasbourg en 2001
Aux Galeries Lafayettes à Strasbourg en 2001
A la Laiterie à Strasbourg en 2001



Qu'il soit dans son dos, sur son ventre l'enfant est toujours proche de la mère. Quelques années plus tard il l'aide à ramener de l'eau, du bois au village. Puis il part chasser et construit le logis.


A Benimatou l'école est minuscule. Les enfants s'y retrouve le matin, car l'après midi il y fait trop chaud. L'ombre de la lumière éclaire L'ardoise de Jacob et de son savoir.




J'ai "siester" à côté de la petite Catherine....A mon réveil, je l'ai découvert tout près de moi et j'ai eu envie de la photographier.


Deux ans plus tard, elle avait bien grandit et son sourire est toujours aussi lumineux. Elle se regarde sur plusieurs photographies que je lui est amenées.



Quelques kilomètre plus loin, l'école est bien plus grande. Les classes sont pleines, une soixantaine d'élèves, à trois par pupitre.



L'ensemble de ses images sur :





Il fait tellement beau cette semaine...


Le printemps presque un mois en avance... Les arbres en fleurs, les pollens qui commencent à chatouiller les muqueuses.... Cette image prise dans les Vosges il y a quelques années au Bikenberg. Vous ne connaissez pas cet endroit? Près du petit Ballon...Un petit bout de paradis que je n'oublie pas.
D'autres images de cette merveilleuse région suivront.....Que la nature est belle...



Vivement avril.... Une semaine en Crête pour faire le vide.... Régime crêtois, huile d'olive, poulpes grillés, Rezzina, Ouzo et mythologie grèque...
Image prise sur l'ile de KOS...

dimanche 11 mars 2007

Une photo de famille


Louis et Augustine Lafond, mes grands parents du coté de ma mère. Image prise chez mes autres grands parents du coté de mon père, quelques mois avant le mariage de mes parents, quelques mois avant le décès de Louis que je n'ai pas connu. Mon parrain s'appelait aussi louis. Mon deuxième prénom est Louis. J'ai acquis cette image il y a quelques jours, cela fait du bien de la voir.
Le même jour ma cousine que je n'avais pas vu depuis longtemps m'offre un livre passionnant de Tisseron"le mystère de la chambre claire" Photographie et inconscient. Jacques Tisseron, psychiatre et psychanalyste, est l'auteur de nombreux travaux sur nos relations aux images. Dans ce livre, il y a un chapitre sur le deuil et l'objet retrouvé en image. Intéressant.